Bikepunk
Nous croyions échanger entre humains, mais nous ne faisions qu'envoyer nos correspondaces à des algorithmes automatiques qui les agrégeaient pour enseuite produire du contenu idéal, affichant sur nos écrans les messages ayant la plus grande probabilité d'accroître notre consommation.
Incapables de communiquer sans algorithmes interposés, les humains étaient prisonniers, condamnés à l'abrutissement solitaire.
Une minorité s'en rendit compte et décida de lutter. Ses membres tentèrent, pour la millième fois de l'histoire, de réinventer la communication entre humains, de nous avertir.
Personne ne les entendit. Personne ne les remarqua. Leurs messages n'avaient, après tout, qu'une trop faible probabilité d'augmenter notre consommation
Extrait des chroniques du flash
J'ai retenu ce passage de ce super livre de Ploum sur un monde post-electricité.
On peut quand même nuancer la partie sur le fait que nous sommes "incapables de communiquer sans algorithmes interposés". Les messageries instantanées sont quand mêmes omniprésentes dans nos quotidiens et je crois qu'il n'y a pas pour la plupart des gens d'algorithmes qui dictent quels messages sont montrés ou non. Fort heureusement, ces applications gardent un fil de discussion ordonnés chronologiquement. J'aimerais pouvoir en dire autant des mails, mais les réglages par défaut des clients les plus populaires (GMail en tête) filtrent et réordonnent les mails pour nous aider à "rester productifs". Pour le reste, pas de réserve, les algos sont partout, les fils chronologiques sont de plus en plus durs à trouver.
Ceci dit, la dernière phrase me parle énormément. Tout contenu proposant des alternatives est, même involontairement, moins visible, moins promu car probablement moins source de rétention ou de consommation.
Extraits cités issus de ce lien visité le , crédits: Ploum