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Écrivains anti-IA : conviction, naïveté ou hypocrisie ?

Ça me fait du bien de lire ce billet, en tout cas la partie sur les "autres raisons".

Les hédonistes littéraires Ils préféraient ne pas, comme si on pouvait vivre sans le réchauffement climatique, sans le racisme, sans la pauvreté, sans la violence. On a beau préférer un monde sans IA, une littérature sans IA, ça ne change rien à ce qui nous arrive. On ne peut pas le nier. Moi, cette technologie m’active tantôt en bien, tantôt en mal. Elle ne me laisse jamais tranquille en tant qu’auteur.

Je suis un hédoniste du code, et je me comporte aussi comme Thierry. J'ai du mal à accepter ce monde qui ne me plait pas.

La peur de ne pas être à la hauteur Ça me fiche la trouille de voir des machines faire aussi bien que moi, mais ça me stimule aussi.

Moi aussi.

Il serait même dangereux de déléguer l’écriture : une étude du MIT Media Lab a mesuré une « dette cognitive » chez les rédacteurs assistés : 83 % seraient incapables de citer leurs propres textes quelques minutes après les avoir écrits et auraient le sentiment de ne pas en être les auteurs.

Marche aussi avec le code, et sans attendre d'un dev de citer son code, ne serait-ce que la compréhension fine de ce qu'il a fait.

Le désir de souffrir Écrire serait difficile et l’IA, en nous facilitant la vie, nous priverait de notre pénitence. C’est une connerie. L’IA ne rend ni plus ni moins facile, elle ne fait que déplacer le terrain de jeu.

Et peut être qu'on aimait bien notre ancien terrain de jeu, qu'on y était moins remis en question

Les offpunk Souvent informaticiens de formation, ils militent pour un numérique minimaliste, décentralisé, écologique. Je partage beaucoup de leurs positions, comme le refus des réseaux sociaux centralisés. Mais leur extrémisme les pousse à se détourner des ordinateurs récents, limitant leur capacité à utiliser les IA locales et les empêchant de mettre les doigts dans le cambouis de la révolution IA. Je ne crois pas à la possibilité du survivalisme, même si c’est une niche en librairie. Reste que c’est une position intéressante, la seule s’opposant à l’IA avec une maîtrise technologique, ce qui met l’IA en creux du discours. C’est important comme l’a été Thoreau en son temps.

L'IA locale mérite d'être débattue.

Ma propre hypocrisie

Je pense que l'hypocrisie de Thierry est plus large que ça (sans animosité) : tous les contre-exemples sur l'IA éthique, écologique etc. sont défaillants dans le sens qu'ils ne sont pas des systèmes performants. Qui côté grand public a utilisé Lucie ? Qui a la machine pour faire tourner des modèles performants sur Ollama. Les promesses de l'IA locale sont encore dans le futur et on est loin de la démocratisation. L'IA, c'est ChatGPT et Claude. Pour le moment et peut être pour longtemps.

Extraits cités issus de ce lien visité le , crédits: Thieery Crouzet